Lascive
Se dessine un portrait charmant. Elle est au début cette femme rousse d'une peinture dorée, étendue, lascive sur des draps blancs, les poignets relevés, penchée, ressentant en ses yeux clos les élans lisses de longs et doux soupirs. À la Lune perçant par la fenêtre, ses longs cheveux tombant de part et d'autre, sous sa hauteur hantée par son regard, tombe bas bien bas son pendentif entremêlant les étoiles. Elle caresse le clavier des choses, douces mains, souffle souverain, souriant à l'embarcation en les cercles s'élargissant sous elle. Allant et venant, caresses inlassables, saisissant la pénombre dans les prismes de l'âme
non-Ici, u-topos. Derrière la tapisserie, derrière le miroir, en des profondeurs autonomes. L'irréel a son non-lieu. Il ne connaît qu'une volonté. l'Altesse
Goût. Comme le premier regard tombe amoureux ! pas encore ne m'a-t-elle remarqué, oh si, furtive, certainement, et là se repose son regard, sur la verdure de l'oiseau. Oh douces lignes de l'âme. Séduisant la séduction en des délires d'or, parures d'aurore. Stupeur, saisis-moi
Regardez où va, regardez, bientôt sur nous se pose son regard. Elle frémit, elle aussi, en son royaume de perle. Douces senteurs célestes nous élevant en nos reflets
Ô miroir céleste, brisure du ciel. Reflets de regards. Ici la scène en son réel. Mouvante, dansant en des musiques intérieures
Dimension perdue du reflet sans miroir. Espace invisible. Ne l'oublions pas, cet espace invincible. Souvenons-nous qu'il suffit d'un miroir et renaîtront les merveilles
Danse des âmes dans l'éternel désir, saisissant la langueur caressante en sa crinière, entremêlant l'Altesse en la licorne. Par le jeu des reflets, vous, licorne, la main vous immisce vers le miroir, ne voyant plus ni le cadre ni la scène en son evers, mais en l’œil mi-clos, dans l'autre scène. Ici dansent les âmes, s'élevant en fins entrelacs, en volute effleurantes
Altesse, ô Altesse prenez-moi auprès de vous, caressez-moi tendrement et d'un air grave regardez-moi, et dites-moi de ce regard les antiques et plus antiques des amours. Je me veux lover en vous, ma Majesté, et en vous être plaisir et de tendres délacements, allant et venant, dame, de regard nos âmes s'enlacent de l'autre côté du miroir, tournoyant dans le le ciel vibrant d'arches sonores, se dérobant encore et encore, là où volupté jamais ne cesse
L’œil tout à fait clos à présent, au coeur du silence obscur. Là croît en elle la lumière cendrée de la Lune, en regards clos, âme close, dans l'envers du miroir nous sommes ensemble et anges aux ailes déployées faisant face à cette distance emplie de nous-même. Rien d'autre. Ici nos corps se conjuguent. Croît un écho, vibrant écho dans ses parois d'or, fascinante sonorité de l'amour, vibrant en lui-même. Qu'as-tu à m'apprendre ici, âme de l'âme ? Ici je n'ai rien à t'apprendre qui se dise, ici les lèvres bougent sans dire, rejaillissant, coulant, telle le fleuve sans eau d'Utopie.
Licence :
6 tapisseries © 2024 de Aowashi Suzuki, notamment son contenu texte, est mis à disposition selon les termes de la licence Attribution-NonCommercial-NoDerivatives 4.0 International (fr : Attribution / Pas d'Utilisation Commerciale / Pas de Modification)