C'est un caveau qu'une tombe sépare du chemin.

Sur son mur les coulées de pluie ont laissé des ombres qui s’élargissent en sombres estuaires.

L’arbre voisin en hiver semble mort et le bout des branches fléchit comme l'index qui intrigue.

De chaque côté figure une croix sous la corniche, gravée sur un haut pilier qui, en cône et en lignes, nous donne l’impression de poser genou à terre.

Aux pieds, d’étranges ornements mi-flammes mi-racines prêtent vie à la pierre.

Des détails échappent au premier regard, comme l’étoile qui perce le mur. On s’imagine dedans la lumière pénétrant un petit ciel, c'est le jour qui crée la nuit.

Sur la porte entrouverte figure un sablier ailé. C’est un bas-relief de bois dont la peinture atténue les angles. La position des ailes entre des colonnes, les dégradés de plumes, les fines asymétries s’harmonisent et sans mot disent sans pareil que le temps fuit.

A l’intérieur, du vitrail cassé, il ne reste que les mains jointes de la vierge.

Un bouquet en marbre dépasse de l’autel. De sa fraîcheur éternelle, il laisse la couronne séchée à l’insolence du cadavre.